MES SOURCES POUR UN ROMAN : L'IMPÔT

L'individu devant l'impôt

 

Le système fiscal français repose essentiellement sur l'obligation déclarative, que l'on soit ou non imposable. La nation fait donc a priori confiance au citoyen.

Mon expérience de plus de 40 ans comme agent chargé de contrôler les déclarations, confirmée ensuite par les 15 années d'exercice d'une activité indépendante de consultant en fiscalité locale, tout cela m'a convaincu que la très grande majorité de nos concitoyens sont clairs devant leur fiscalité..

Certaines exceptions m'ont donné l'idée de ce roman. D'autres, pas plus exemplaires, que j'ai pu constater comme "free-lance",  enrichiront le prochain. 

Combien de contribuables à l'impôt sur le revenu

 

 

43.9 % de foyers fiscaux en France ont payé de l'impôt sur le revenu en 2024. Un peu plus de 18 millions ont reçu un avis de non imposition.

(Sources : Rapport d'activité de la DGFIP)

Faut-il toujours plus de contrôle ?
Ne faudrait-il pas d'abord rénover les bases de la fiscalité locale des habitations ?

La fiscalité locale française repose sur un paradoxe.
Le cadastre, né en 1807 pour mieux répartir l’impôt foncier, est devenu un outil numérique performant. Pourtant, la taxe foncière des logements reste fondée sur des valeurs locatives de 1970. 
Notre fiscalité repose toujours sur un principe hérité de la Révolution : le contribuable déclare, l’administration contrôle. Mais cette confiance vacille lorsque les bases d’imposition ne reflètent plus la réalité. Quand deux logements comparables supportent des taxes différentes à cause de données anciennes, l’impôt devient difficile à comprendre et le sentiment d’injustice progresse. C’est le cœur du problème : des logements évalués avec des références anciennes, mais contrôlés avec des outils modernes.

Le contraste est d’autant plus net que les locaux professionnels ont été révisés en 2017.
Pour les logements, faute de réforme, le contrôle sert à corriger les omissions et à préserver autant que possible l’équité. Le contribuable a ainsi le sentiment de subir davantage de contrôles alors que le problème initial — le vieillissement des bases — demeure. Le contrôle devient plus automatisé, systématique et difficile à contourner. 
Déclarations d’urbanisme, imagerie aérienne, intelligence artificielle et croisements de données permettent désormais de repérer plus facilement piscines, extensions ou changements non déclarés.

Deux univers fiscaux coexistent : l’un reflète la réalité économique, l’autre reste figé, créant parfois de forts écarts entre logements comparables.

Certes, Bercy et la DGFiP peuvent prévoir lissage et planchonnement pour amortir les effets. Mais la difficulté est politique : l’exercice est explosif, donc repoussé. En attendant, l’administration multiplie les contrôles pour corriger les anomalies au cas par cas. 
Même les réformes progressives suscitent aussitôt des résistances, comme l’a montré l’épisode des logements fiscalement réputés sans eau, électricité ou WC avant l’été. 
Le paradoxe français demeure.

* L’État garantit les ressources des collectivités.
* Les collectivités cherchent de nouvelles recettes.
* Le propriétaire paie les imperfections du système.

Plus les bases vieillissent, plus les contrôles deviennent nécessaires. Ce n’est donc pas forcément la fraude qui progresse, mais l’obsolescence des bases qui exige plus de vérifications. 

Restaurer la confiance ne consiste pas à contrôler toujours plus. Il faut d’abord moderniser les bases d’imposition.

* Une fiscalité comprise s’accepte mieux.
* Une fiscalité équitable se conteste moins.
* Une fiscalité transparente réduit le besoin de contrôle.

Comme en 1789, la confiance reste le fondement de l’impôt. Mais elle ne peut durablement reposer sur des bases cadastrales d’un autre temps.

L'avis de non imposition 

C'est le sésame pour ouvrir les dossiers d'aide sociale ou pour justifier de certaines situations. La DGFIP se montre vigilante mais ne peut éviter les fraudes. Elle a mis en place depuis quelques années un accès à l'intention de la mairie, du conseil général, des  bailleurs publics ou privés, des agences immobilières, des organismes de crédit, banque… C'est un service en ligne qui ne fournit pas les montants, mais qui  affiche une mention de conformité. L’avis présenté est « conforme » ou « non-conforme ». Si l’avis est conforme, cela signifie que l’avis communiqué par le tiers correspond au dernier avis connu par l’administration fiscale pour cet usager.