La fiscalité locale française repose sur un paradoxe.Le cadastre, né en 1807 pour mieux répartir l’impôt foncier, est devenu un outil numérique performant. Pourtant, la taxe foncière des logements reste fondée sur des valeurs locatives de 1970. Notre fiscalité repose toujours sur un principe hérité de la Révolution : le contribuable déclare, l’administration contrôle. Mais cette confiance vacille lorsque les bases d’imposition ne reflètent plus la réalité. Quand deux logements comparables supportent des taxes différentes à cause de données anciennes, l’impôt devient difficile à comprendre et le sentiment d’injustice progresse. C’est le cœur du problème : des logements évalués avec des références anciennes, mais contrôlés avec des outils modernes.Le contraste est d’autant plus net que les locaux professionnels ont été révisés en 2017.Pour les logements, faute de réforme, le contrôle sert à corriger les omissions et à préserver autant que possible l’équité. Le contribuable a ainsi le sentiment de subir davantage de contrôles alors que le problème initial — le vieillissement des bases — demeure. Le contrôle devient plus automatisé, systématique et difficile à contourner. Déclarations d’urbanisme, imagerie aérienne, intelligence artificielle et croisements de données permettent désormais de repérer plus facilement piscines, extensions ou changements non déclarés.