Coup de gueule

Publié le 9 octobre 2026 à 17:10

JEUNESSE PAUVRE OU SOCIÉTÉ DÉRESPONSABILISÉE ?

Mais dans quel monde vivons-nous ?

Depuis quelque temps, et plus particulièrement à l'occasion des mouvements de contestation lycéenne, j'entends monter dans les médias une étrange petite musique, répétée à longueur d'antenne comme une vérité incontestable : notre jeunesse serait désespérée, sans avenir, condamnée à une pauvreté grandissante.  Voilà même qu'on nous parle désormais d'un « seuil de pauvreté des jeunes », comme si la jeunesse constituait à elle seule une catégorie sociale condamnée au dénuement ! Les CROUS croulent sous les demandes de repas à un euro. Ils seraient incapables de répondre à cette avalanche, faute de personnel. Partout en France, des associations se mobilisent, organisent des distributions alimentaires et préparent des repas pour ces étudiants présentés comme les nouveaux pauvres de notre société.
Et chacun de s'émouvoir. Et chacun de réclamer davantage de moyens publics. Et chacun de dénoncer l'insuffisance de la solidarité nationale.

Mais enfin, posons nous les bonnes questions !

Qui décide que notre jeunesse est pauvre ? Selon quels critères ? Et surtout, qui doit assumer la responsabilité de cette situation ?
J'écoutais récemment le témoignage de Louise,  oui, je sais elle est militante RN mais le travail n'est pas une valeur réservée à l'extrême droite - une étudiante au calendrier absolument surchargé. Des cours, des travaux universitaires, des examens à préparer, des déplacements... Une vie réglée à la minute près. Et pourtant, cette jeune femme parvient encore à travailler vingt-cinq heures par semaine pour subvenir à ses besoins. 
Vingt-cinq heures ! Voilà une jeunesse qui se bat, qui travaille, qui refuse de subir et qui mérite notre admiration.

Mais alors, pourquoi ériger systématiquement la précarité en condition générale de la jeunesse ? Pourquoi présenter comme une fatalité ce qui relève parfois de difficultés passagères, inhérentes à l'entrée dans la vie adulte ? 
Et surtout, depuis quand les parents auraient-ils disparu de l'équation ?
Un étudiant sans ressources est-il nécessairement un étudiant abandonné à lui-même ? N'a-t-il pas une famille ? Des parents ? Des proches ? Une solidarité familiale à laquelle il serait légitime de faire appel avant de solliciter celle de la collectivité ? 
Je sais parfaitement que certaines familles sont elles-mêmes dans la difficulté, que des étudiants sont isolés, que d'autres doivent travailler pour survivre et que leur courage force le respect. 
Mais ces situations, aussi douloureuses soient-elles, doivent-elles nous conduire à faire de la prise en charge collective le principe et de la responsabilité familiale l'exception ?

Car c'est bien là que se situe le problème !

Je regarde l'évolution de notre société depuis une quarantaine d'années, et le renversement des valeurs me laisse stupéfait.
Hier, il paraissait naturel que les adultes participent, dans la mesure de leurs moyens, à l'entretien de leurs parents vieillissants. La solidarité entre générations était une obligation morale et même juridique. Elle constituait l'un des fondements de la famille. 
Aujourd'hui, une part croissante de cette solidarité est assurée par la collectivité, à travers les retraites, les aides sociales, les dispositifs d'accompagnement et les mécanismes de prise en charge de la dépendance APA, crédit d’impôts…
Pourquoi pas ? Une société civilisée doit protéger ses membres les plus fragiles. 
Mais voilà qu'à l'autre extrémité de la vie, nous semblons emprunter le même chemin ! Les jeunes, eux aussi, devraient être pris en charge par la collectivité. Le logement, les repas, les transports, les études, les dépenses quotidiennes : tout devient progressivement matière à revendication, à subvention, à financement public.

Et les parents, dans tout cela ?

Ne seraient-ils plus responsables que de mettre leurs enfants au monde ? La baisse inexorable de la natalité montre qu'il leur est impossible même d’assurer cette fonction vitale pour notre subsistance.
La collectivité devrait-elle ensuite se charger de les nourrir, de les loger, de les former et de les accompagner jusqu'à leur entrée dans la vie professionnelle ?  À force de vouloir tout collectiviser, ne sommes-nous pas en train de vider la responsabilité individuelle et familiale de sa substance ?
Il fut un temps où l'on enseignait aux jeunes que l'autonomie se conquiert, que l'effort précède souvent la réussite et que les difficultés font aussi partie de l'apprentissage de la vie. 
Aujourd'hui, j'ai parfois le sentiment qu'on leur enseigne d'abord à revendiquer.

Un droit avant un devoir. Une aide avant un effort. Une subvention avant une responsabilité.

Attention ! Je ne plaide ni pour l'abandon des plus fragiles ni pour la disparition de la solidarité nationale. Je défends au contraire une solidarité juste, indispensable, mais qui doit venir soutenir les responsabilités individuelles et familiales, non s'y substituer systématiquement. Car la véritable question n'est pas de savoir si nous devons aider un étudiant qui a faim. Bien sûr que nous le devons ! La question est de savoir comment nous en sommes arrivés à considérer comme normal qu'une société entière doive assumer des responsabilités qui devraient d'abord être partagées au sein des familles, chaque fois que celles-ci en ont les moyens.

Déresponsabilisation !

Voilà le mot qui me vient à l'esprit. 
Déresponsabilisation des individus. Déresponsabilisation des familles. Et, à terme, une société dans laquelle chacun attend toujours davantage des autres, sans plus se demander ce qu'il peut lui-même apporter. Une société où la solidarité, qui devrait être une force, risque de devenir une habitude de dépendance. Une société qui confond parfois protection et assistance permanente.  Une société qui finit par considérer l'effort personnel comme une injustice et la prise en charge collective comme un dû.

Alors oui, je pousse un coup de gueule !

Parce que je refuse de croire que notre jeunesse soit condamnée au désespoir. 
Parce que je refuse de croire que les familles n'aient plus aucun rôle à jouer.
Parce que je refuse que la solidarité nationale, cette conquête précieuse de notre civilisation, devienne le prétexte à l'effacement progressif des responsabilités de chacun.

À force de demander à la collectivité de remplacer la famille, nous finirons par ne plus savoir qui doit quoi à qui.

Et ce jour-là, nous aurons peut-être une société qui distribue des droits à tout le monde, mais dans laquelle plus personne ne se sent véritablement responsable de personne.

Décidément, notre monde marche sur la tête !

Qu'on ne se trompe pas ! Je suis un "babyboomer" et mon ménage dispose d'une  retraite au-dessus de la moyenne, fiscalisée au dessus de la moyenne.  Je dis depuis plusieurs années que je suis d'accord pour qu'on la réduise  pour retrouver l'équilibre des finances publiques.
Je pose deux conditions :
* que le prochain président de la République réforme le système des retraites  notamment pour faire en sorte que l'on retrouve l'équilibre ;
* qu'il réforme l'enseignement  en profondeur du primaire en faculté, pour que notre jeunesse puisse acquérir les compétences pour faire de la France une puissance économique forte.

 


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